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Comment le syndic peut-il sécuriser le recouvrement des charges impayées en copropriété ?

Publié le : 19/07/2026 19 juillet juil. 07 2026

Dans la pratique de la copropriété, les impayés de charges constituent un facteur immédiat de déséquilibre financier. Les dépenses d’entretien, de travaux, d’assurance ou de gestion courante reposent sur la contribution régulière de chaque copropriétaire. Dès qu’un retard s’installe, le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, doit structurer sa réaction afin de préserver la trésorerie collective tout en respectant les exigences procédurales.

Comment organiser le recouvrement des charges impayées avant toute saisie ?

La première étape repose sur une démarche graduée. En présence d’un impayé, le syndic procède à une relance, puis adresse une mise en demeure de payer. Cette phase amiable vise à obtenir une régularisation rapide, sans engager de frais supplémentaires pour la collectivité. Lorsque les difficultés du copropriétaire apparaissent temporaires, un échéancier peut être convenu afin d’échelonner le règlement. Si ces tentatives demeurent infructueuses, le syndicat doit solliciter du juge un titre exécutoire constatant la créance et condamnant le débiteur au paiement. Ce jugement constitue le préalable classique aux mesures d’exécution forcée et permet d’envisager des voies plus contraignantes.

Quand et pourquoi engager une saisie immobilière du lot ?

En cas de dette importante ou persistante, le recours à la saisie immobilière peut être envisagé afin de provoquer la vente judiciaire du lot et d’être payé sur le prix. En principe, cette procédure suppose la détention préalable d’un titre exécutoire. Toutefois, la Cour de cassation a admis que l’assemblée générale puisse autoriser le syndic à engager une telle procédure même en l’absence de titre à la date du vote, sous réserve d’une autorisation précise mentionnant notamment les lots concernés, le montant de la créance et le budget prévisionnel. Cette solution a été consacrée par la troisième chambre civile le 3 juillet 2013 (n° 12-18.952, Legifrance). Depuis le 1er janvier 2022, le syndicat bénéficie en outre d’une hypothèque légale spéciale garantissant les créances de l’année en cours et des quatre années échues. Les sommes dues au titre de l’année en cours et des deux années précédentes sont assorties d’un rang prioritaire, qualifié de superprivilège. Au-delà, la concurrence avec d’autres créanciers inscrits peut s’exercer et, à défaut d’accord sur la répartition du prix de vente, l’intervention du juge devient nécessaire.

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